Vieillir aujourd'hui et demain : où ? et comment ?
Un appel à idées lancé auprès du grand public et des professionnels sur la vision de chacun de la dépendance
Evaluez la situation des personnes âgées en perte d'autonomie
et imaginez les nouveaux services de demain.
et imaginez les nouveaux services de demain.
Pour vous aider à y réfléchir, nous vous proposons :
un état des lieux sur les enjeux du vieillissement, avec les points de vues de Geneviève Laroque (présidente de la Fondation Nationale de Gérontologie) et de Jérôme Pellissier (écrivain);
un état des lieux sur l'aide à domicile et l'hébergement des personnes âgées, avec des points de vue d'experts professionnels.
Nous avons déjà gagné plus de 30 ans de vie depuis 1900 et vivons actuellement une véritable révolution de la longévité.
Devenir centenaire n’est plus exceptionnel.
A ce changement qualitatif s’ajoute un phénomène quantitatif.
D’ores et déjà : 10 millions de français ont plus de 65 ans, représentant 16% de la population.
Parmi ceux-ci : 4,5 millions ont 75 ans et plus mais en 2050, ils seront entre 11 et 12 millions.
Quant aux personnes de plus de 85 ans, leur nombre aura quadruplé au milieu du siècle pour avoisiner les 5 millions.
Ces chiffres donnent une dimension toute particulière, compte tenu des enjeux politiques, au regard que l’on se doit de porter à une population « dite » fragile.
Pourtant, et paradoxalement, au regard de cette chance qui nous est offerte de vivre plus longtemps, la vieillesse fait peur et notre société, aujourd’hui, globalement, rejette ses vieux
Ceux-là mêmes, qui avancent sérieusement en âge ne se voient toujours pas vieux.
Les raisons sont multiples pour lesquelles on se fait des dernières étapes du parcours de vie une représentation lamentable et parmi celles-ci, la crainte de la dépendance est certainement prépondérante.
A 30, 40, 50 ou même 60 ans, occupé justement à rechercher sans cesse davantage d’autonomie et de liberté, alors que l’on se sent plein de forces ou toujours très en forme, se projeter dans le grand âge est pratiquement impossible. Plus encore, à l’ère de l’individualisme forcené, alors que l’on se veut indépendant, s’imaginer dépendant, avoir besoin d’aide est intolérable. C’est en fait l’interdépendance qui est occultée. Cette attitude conduit à rejeter ou à considérer comme des êtres humains « à part », voire pire, ceux qui se montrent dépendants d’une aide extérieure pour continuer à vivre. Ainsi vue, la vieillesse devient synonyme de naufrage et l’on préfère fermer les yeux sur la réalité du grand âge s’il est ainsi vécu.
Pourtant, si la démence de type Alzheimer dite « maladie d’Alzheimer » ou tout autre type de dépendance exige des moyens d’abord humains, mais donc aussi financiers, tous les vieux ne sont pas et nous ne serons pas tous atteints par la maladie..
Et si l’âge limite la mobilité, lorsque le handicap apparaît, des aides existent pour palier la perte d’autonomie, après évaluation de l’incapacité.
Etre vieux, n’est-ce pas être avant tout être toujours vivant et continuer de s’appartenir !
Les points de vue :
Grandir c'est vieillir, Vieillir c'est grandir de Geneviève Laroque,
Présidente de la Fondation Nationale de Gérontologie.
L'entrée dans la vieillesse de Jérôme Pellissier,
écrivain, auteur de « La nuit, tous les vieux sont gris » (Ed. Bibliophane - Daniel Radford).
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Photo : © Nicole Henry-Crémon



